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Si formellement aucune définition n'est donnée par les textes
légaux et réglementaires du "plan de formation", les nombreuses dispositions
qui s'y rapportent permettent de considérer que le plan de formation de
l'entreprise est constitué de l'ensemble des actions de formation décidées
et mises en œuvre par l'employeur au profit des salariés de l'entreprise.
La loi précise les types d'actions relevant de la formation professionnelle
continue :
· les actions de préformation et de préparation à la vie professionnelle,
· les actions d'adaptation, de développement des compétences,
de promotion et de prévention,
· les actions d'acquisition, d'entretien ou de perfectionnement des connaissances,
· les actions de conversion,
. les bilans de compétences,
. les actions de VAE.
L'employeur est incité à former les salariés par
l'obligation fiscale qui lui est faite de financer la formation professionnelle
continue.
L'employeur est par ailleurs contraint de former dans quelques cas particuliers
(adaptation, reclassement et sécurité) et lorsque la formation est prévue
dans le contrat de travail (en particulier contrats de types particuliers
comme le contrat de professionnalisation et l'apprentissage).
Mais d'une manière générale, l'employeur est libre
de mettre en œuvre ou de ne pas mettre en œuvre la formation dans l'entreprise.
Il décide des formations et des salariés qui en bénéficient.
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L'employeur dispose, en matière de plan
de formation, d'un pouvoir discrétionnaire et unilatéral.
Il n'a pas l'obligation légale de former.
Cependant, la loi confirmant la jurisprudence,
fixe à l'employeur une obligation d'adaptation
à l'évolution du poste de travail et lui
confie la responsabilité du maintien dans l'emploi.
Cette obligation peut constituer obligation de former
: "L'employeur a l'obligation d'assurer l'adaptation
des salariés à leur poste de travail. Il
veille au maintien de leur capacité à occuper
un emploi, au regard notamment de l'évolution des
emplois, des technologies et des organisations. Il peut
proposer des formations qui participent au développement
des compétences."
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Dans les entreprises de 50 salariés et plus, le comité d'entreprise, et
dans les entreprises de 10 à 49 salariés, les délégués du personnel, sont
obligatoirement consultés par l'employeur sur le plan de formation selon
une procédure précisée par la loi. L'avis émis par les instances représentatives
du personnel ne s'impose cependant pas à l'employeur.
Le comité d'entreprise a pour objet d'assurer une expression collective
des salariés permettant la prise en compte permanente de leurs
intérêts dans les décisions relatives notamment à
la formation professionnelle. A ce titre, il formule à son initiative
et examine à la demande de l'employeur toute proposition de nature
à améliorer les conditions de formation professionnelle
des salariés.
Chaque année, le comité donne son avis sur l'exécution
du plan de formation de l'année écoulée et sur le
projet de plan de l'année à venir. En fait, le comité
est consulté non seulement sur la formation de l'année précédente,
mais aussi sur celle de l'année en cours.
La loi du 4 mai 2004 et ses textes d'application précisent les
modalités applicables à cette obligation et élargissent
le champ des informations transmises au CE :
- introduction de la VAE,
- le classement des actions du plan et les modalités de mise en
uvre,
- les contrats de professionnalisation (remplacent les contrats en alternance),
- les périodes de professionnalisation,
- le DIF.
Le salarié ne peut refuser de partir en formation
Sauf exception, le salarié ne peut refuser de partir en formation sur
demande de l'employeur.
Pendant la formation le salarié continue d'exécuter son contrat de travail
sous forme d'une mission professionnelle et bénéficie de l'ensemble des
éléments qui en découlent, entre autres la rémunération et la protection
sociale.
Sauf accord particulier de branche ou individuel, l'employeur n'a aucune
obligation de prendre en compte les nouvelles compétences acquises par
le salarié à l'occasion de la formation.
Si le départ en formation constitue pour le salarié une obligation, c'est
également pour lui une opportunité de renforcer ses compétences.
Le financement du plan de formation incombe
à l'entreprise
L'entreprise doit affecter à la formation au minimum, chaque année, un
financement calculé sur la masse salariale et qui est variable selon l'effectif
de l'entreprise.
Pour les entreprises de moins de 10 salariés, cette obligation financière
est obligatoirement versée à l'OPCA
dont relève l'entreprise.
Elle est légalement de 0,40% de la masse salariale et portée
conventionnellement à 0,50% pour les coopératives.
OPCA2 mutualise toutes les cotisations provenant de toutes les entreprises
de moins de 10 salariés de son champ et les reverse aux entreprises qui
organisent de la formation pour leurs salariés sous forme d'une prise
en charge partielle des coûts pédagogiques.
Les fonds collectés par OPCA2 sont sans commune mesure avec les besoins
de financement des entreprises. Les prises en charge de formation sont
donc plafonnées.
Pour les entreprise de 10 salariés et plus,
l'obligation peut être :
· versée pour partie à l'OPCA
dans le cadre d'une obligation conventionnelle,
· versée en tout ou partie à l'OPCA
à titre volontaire,
· gérée en tout ou partie par l'entreprise elle-même.
Pour les entreprises du champ d'OPCA2, l'obligation financière totale
est de 1,00% de la masse salariale pour les coopératives (obligation conventionnelle).
En application d'accords collectifs, des familles de la coopération agricole
ont mis en place des obligations conventionnelles partielles de 0,1% de
la masse salariale qui sont mutualisées par OPCA2 pour financer des projets
prioritaires :
· les coopératives des secteurs conserve, lait, insémination
animale et tout récemment céréales-appro et bétail
et viande.
L'entreprise peut imputer le coût de la formation qu'elle organise sur
cette obligation fiscale dans le respect des règles légales.
Si l'obligation fiscale ou conventionnelle est supérieure aux dépenses
effectuées par l'entreprise, le solde doit être versé à OPCA2. Les fonds
ainsi collectés par OPCA2 sont mutualisés.
Pour les entreprises de 10 à 19 salariés
et pour les entreprises franchissant pour la première fois le seuil
de 10 et/ou de 20 salariés, des modalités particulières
ont été mises en place par l'ordonnance n°2005-895 du
2 août 2005. Certains taux de cotisation formation sont réduits
ou s'élèvent progressivement sur plusieurs années
après le passage des seuils de 10 et/ou de 20 salariés.
Par ailleurs, les entreprises, quel que soit leur effectif, réalisant
un important effort de formation peuvent dans certains cas, selon les
actions de formations et les catégories de salariés concernés, bénéficier
de financements publics complémentaires : de l'état au titre, par exemple,
d'un EDDF,
d'un EDEC
ou de l'Europe au titre du FSE.
De
l'obligation fiscale de moyens à l'obligation stratégique de résultats
Le dispositif fiscal d'incitation des entreprises à former a été mis en
place dans les années 70 pour les entreprises de plus de 10 salariés et
étendu aux entreprises de moins de 10 salariés dans les années 90. Il
a été renforcé par la loi du 4 mai 2004.
La majeure partie des entreprises a aujourd'hui dépassé cette vision de
contrainte financière externe.
En moyenne les entreprises relevant d'OPCA2 consacrent à la formation
plus de 2,5 fois l'obligation fiscale.
La formation est conçue comme le moyen majeur d'élever les compétences
individuelles et collectives dans les organisations.
OPCA2 offre aux entreprises qui lui confient
la gestion de leurs fonds de formation un ensemble de services pour construire,
piloter et gérer le plan de formation.
La décision de recourir ainsi aux services d'OPCA2 relève de l'employeur
qui doit consulter, selon le cas, le comité d'entreprise ou les délégués
du personnel.
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